Malgré les milliers de combinaisons possibles de mots de la langue française, on observe une certaine monotonie des titres d’articles de presse quels que soient, semble-t-il, le niveau d’études de leur auteur, la fréquence de leur parution, la variété de leur lectorat ou même leur prix.
Entre libertés typographiques et coquetteries de graphisme, entre affirmation d’une image de marque et recherche de connivence, petit tour des formules les plus insupportables de la littérature périodique (1ère étape).
Nom commun sans article + s entre parenthèses
Il faut vraiment arrêter d’hésiter entre le singulier et le pluriel. Non seulement la figure ovoïde n’impressionne plus personne (la mode est aux angles, bande d’ignares), mais ce pluriel indécis n’a aucun autre intérêt qu’afficher une alternative qui, souvent, n’en est pas une. Notre société post-moderne a fait de toute chose un ensemble pluriel par nature, inutile d’aggraver ce relativisme mou pour un pauvre effet d’œuf de Pâques.
Démonstratif en majuscule + nom + proposition subordonnée relative
Vraiment, vous tenez à cet effet de Elle en mode breaking news ? Comme vous voudrez, mais sachez que le soupçon d’excitation qu’on devine dans « Ces milliardaires qui vendent leur yacht » me fait moins d’effet que ma première dent de lait.
« Et si » + sujet + verbe + point d’interrogation
La presse doit absolument renouveler son kit « Révélation » pour s’adapter à l’époque de l’événement permanent.