Archives du Tag: SFR

2/11/2011

Ça commence comme une blague :

“Qu’est-ce qui est pire : recevoir sa nouvelle box le 2 octobre alors que le problème de l’ancienne a été signalé le 9 mars, ou se faire couper sa ligne le 4 octobre parce que ça fait six mois qu’on refuse de payer un abonnement Internet pour rien ?”

Et puis ça continue comme une charade :

“Mon premier sert à connecter les pays par la mer ; mon second sert à manger quand on est beaucoup d’amis ; mon troisième est le vœu des Miss America ; mon quatrième est une boisson qu’on partage entre amies vers 17h pendant les dimanches pluvieux. Et mon tout ne sert à rien à part à prendre conscience que sans ton téléphone, t’as vraiment l’air demeuré, perdu dans un pays qui parle pas ta langue, privé d’électricité ou de mémoire immédiate, enfermé hors de chez toi, un truc vraiment handicapant quoi.”

Après le moment de haine viscérale de la technologie, il y a le jeu de piste.

Est-ce que quelqu’un a un téléphone à me dépanner ? Évidemment personne, l’espérance de vie de ces machines a chuté en trois ans. D’où est-ce que je peux passer mes coups de fil importants de la journée ? Où est-ce que je peux consulter mes mails ? Où est-ce que je peux connecter mon ordi ? Vite télécharger tout ce que je peux pour pouvoir bosser sans Internet. Comment envoyer ce document urgent là tout de suite maintenant ? Comment prévenir et qui prévenir et quelles alternatives privilégier, dans quelle situation et avec quelle efficacité ? Comment récupérer les dernières infos reçues et pas notées en analogique ? Pendant que j’ai une connexion/une ligne fixe à portée de main, est-ce qu’il y a des trucs que je peux noter, préparer, prévenir, transférer pour faciliter mes douze prochaines heures déconnectée ? Comment récupérer les images coincées dans un mini disque dur qui me fait la gueule ? Pourquoi est-ce que je ne l’ai pas configuré plus tôt, ce machin ? Trouver un réveil matin.

Et puis l’heure de l’interprétation. Je suis sûre que c’est ma vie sociale qui m’envoie un signe. J’aurais pas dû répondre à Machin, c’est le dernier texto que j’ai pu envoyer. Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça. De toutes façons je m’en sers pas, de l’illimité. Ça fera des vacances à mon cerveau. Ça m’apprendra à prendre tout et n’importe quoi en photo. Ça m’apprendra à voir la vie hors de mon écran. Pfff mais qu’est-ce que c’est que ces conneries, elle va très bien ma vie sociale. Combien ça coûte, déjà, une minute de téléphone vers un portable ? Un euro ? À ouais quand même. Allez j’ai de la chance, j’ai encore ma carte bleue. Je suis sûre que c’est un signe me rappeler la précarité de la vie.

Enfin, la conclusion : le téléphone et Internet, il paraît que ça rendait déjà plutôt pas malin. Mais l’absence de ces bestioles, qu’est-ce que ça rend con.

Double bind

2011 : SFR invente la facture schizophrène.

SFR, notre ami de toujours

La nouvelle campagne de SFR nous parle de nos couples d’amis.

Vous remarquerez tous en chœur que chez nos amis, qui sont tous hétérosexuels, madame est systématiquement à la droite de monsieur.

Parfois, nos amis sont un peu envahissants.

Mais bon, ce sont nos amis alors on les accepte, même dans un métro bondé à 20h05.

(NB : cette invasion de prénoms dans l’espace public n’est pas une campagne de pub pour ceci. Ça pourrait, mais non.)

Cher Directeur du Service Client SFR

Cher Monsieur Delamarre, “Directeur Service Client SFR »,

J’ai reçu il y a un peu plus d’une semaine, de votre part, un courrier qui m’enjoignait à changer de mode de paiement.

Non, pardon : un courrier qui m’avertissait que j’avais le choix entre un changement de mode de paiement choisi et un changement subi.

Votre lettre était datée du 6 mars dernier. L’enveloppe éco-culpabilisante était datée du 11 mars. J’ai reçu l’ensemble le 15 mars. Vous m’annonciez un ultimatum qui prenait fin, je vous cite, « dans les 10 jours », c’est-à-dire le 16 mars.

Honnêtement, monsieur Delamarre, ou toute autre personne dont la tâche est d’ouvrir les courriers destinés au Service Client, honnêtement, je vous le demande.

Honnêtement.

Nan mais vraiment.

Vous pensiez que ce genre d’ultimatum aurait un effet ?

Vous pensiez que ce non-ultimatum pour être plus précise, pouvait me donner envie de me jeter sur votre interface incroyablement malcommode pour saisir mes numéros de compte en banque et cliquer sur de petites icônes obscures qui m’engageraient unilatéralement à vous verser mes deniers pour le restant de mes jours ? Vraiment ?

Tout ce que votre courrier m’a motivée à faire, c’est me saisir d’un calendrier pour calculer à quel point il était ridicule. Et je n’ai pas été déçue.

Sachez donc, cher ouvreur ou chère ouvreuse de lettre, que je prends acte du changement de mode de paiement que vous m’indiquez dans votre dernière lettre, et que je suis ravie de savoir que dorénavant, mes paiements se feront par chèque.

Ironiquement, ce courrier est arrivé alors que ma box ne marchait déjà plus depuis une dizaine de jours. Vous pouvez vérifier cela : depuis le début du mois de mars, votre entreprise me félicite quotidiennement de m’être connectée à un réseau Neuf wifi grâce à mes identifiants personnels.

Le jour où j’ai reçu votre lettre, le 15 mars, j’ai passé plus de 40 minutes, QUARANTE MINUTES, sur le chat d’assistance, à communiquer avec une personne qui tentait, me disait-elle, de résoudre mon problème. Quarante minutes, c’est beaucoup trop long. Je n’ai pas quarante minutes à perdre de nouveau avec un assistant immatériel qui me demande toutes les huit minutes de débrancher puis rebrancher ma box.

C’est pourquoi je vous envoie aujourd’hui toutes les informations dont je dispose au sujet de ma box, afin que vous régliez le problème vous-même, sans me faire perdre mon temps.

Je précise que le seul voyant allumé depuis trois semaines est le voyant « Power », que oui oui c’est bien le seul qui est allumé, que je n’ai pas demandé de changement de raccordement et que je n’entends pas de tonalité au téléphone, pas plus que je ne vois le signal de cette box dans les réseaux que mon ordinateur capte. J’ai bien débranché, déconnecté, puis rebranché, reconnecté tout ce qu’il faut, je n’ai pas renversé de jus d’orange sur ma box et le reste de mes appareils électriques fonctionne.

J’aimerais attirer votre attention, chère ouvreuse ou cher ouvreur de lettre, sur le fait que je suis cliente depuis 2006 et que je n’ai jamais changé de box depuis, pas plus que je n’ai changé de fournisseur d’ailleurs, alors même que le changement de Club Internet à Neuf m’a causé des ennuis de factures, que j’ai déménagé donc eu une rupture d’accès et que votre interface, excusez-moi car vous n’en êtes pas responsable, a bien la pire ergonomie qu’il est possible de trouver sur Internet.

Ah non pardon, Orange vous bat mais franchement, il n’y a pas de quoi être fier.

Chère ouvreuse, cher ouvreur de lettre, merci de transmettre tout cela aux personnes concernées. Si vous pouviez les convaincre, par la même occasion, de faire un geste commercial pour calmer mes nerfs, par exemple m’offrir mes six prochains mois d’abonnement, ce serait super.

Une dernière chose : j’ai perdu mon téléphone portable et je n’ai pas de téléphone fixe (rapport à ce souci technique décrit plus haut – je préfère le préciser) donc la seule manière de me contacter est mon adresse email, pas celle qui finit par @neuf.fr et que je ne consulte jamais (je préfère préciser, là encore), mais celle indiquée en haut de cette lettre.

Je vous remercie infiniment d’avoir atteint la fin de ma lettre. Que la paix règne dans votre cœur, que le bonheur enchante vos sens et que votre chemin soit parsemé de pétales de jonquilles tout au long de votre journée.