Soirée pourrie

Je suis allée voir un truc super nul, comme on n’en voit que chez les comiques, quand ils singent la communauté culturelle qui s’esbaudit devant un pauvre bougre qui articule mal du français bancal, et qui fait ça exprès.
Une soirée de lancement de Mouvement.

Je n’ai rien contre la revue Mouvement. Je la lis rarement, à part quelques une de ses pages web, ici et là.

La lecture de ses déboires avec la direction du Festival d’Avignon m’a été très agréable, en plus d’être instructive sur le degré de complexité que peuvent atteindre les négociations liées au droit à l’image de sites, d’œuvres ou de personnes. Sans apriori donc, je me rends à cette soirée de poésie/célébration/anniversaire.

Une introduction de belle aventure et de tout ce chemin parcouru, classique.
Puis, performance de lecture par un comédien, auteur, poète et/ou performeur.

Mazette, on aurait dit qu’il avait bogglelisé des poésies en les lisant avec un ton calé sur le rythme de son cœur. Une intonation monotone sur un texte incompréhensible, ça vous met K.O. pour le reste de la soirée. Je ne dois pas aimer la poésie, comme d’autres n’aiment pas l’art contemporain. Malgré tout l’amour que j’ai pour la langue châtiée, dès que la syntaxe s’offre de la licence poétique à tout va, je décroche.

Intéressante toutefois, l’observation de la faune de cette lecture. Des branchouilles, mais moins que des hippies. Éditeurs, théâtreux et danseurs ne parcourent pas le monde dans le même accoutrement que les whitecubistes.
Beaucoup plus de lin, de clarks et de kickers que dans les cimaises.
Plus de froufrou-bataille châtain incertain que de coupes garçonnes ou long-brun-à-frange.
Plus de bordeaux, gris bleutés, verts approximatifs que de noir & blanc net.
Fluides et froissés plus que repassés-pliés.
Et surtout, infiniment plus de regards bienveillants sur le performeur de noir vêtu sur fond noir s’évertuant, que sur des objets regardables et palpables rue de Seine.

Pour finir, une séance d’applaudissements ennuyeuse comme on en fait rarement.

J’avais probablement besoin d’être sûre que je déteste la poésie, les amateurs de poésie, les diseurs de poésie, les programmateurs de poésie, les critiques de poésie, les habits des amateurs de poésie, les financeurs de poésie, les défenseurs de poésie, les écouteurs de poésie.

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