Couvre-chef d’œuvre ?

Le petit frère lorrain de Beaubourg est plutôt mou, d’apparence.

C’est l’avantage, quand on découvre une ville la nuit, et que les concepteurs lumières ont plutôt pas mal fait leur travail, on est moins agressé par les protubérances inévitables de ces manifestations de la grandeur nationale.

Ce petit effet blanc sur blanc du toit sur ciel, par temps estival – si si, ça arrive à Metz – me fait penser que la couverture a peut-être été subventionnée par Ray-Ban (à vérifier).

À l’intérieur, c’est plutôt plein de vide.

Vue sur une zone destinée à rien ni personne

(magnifique vue sur une zone destinée à rien ni personne)

Même la signalétique intérieure a quelque chose de fantomatique, probablement pour nous soulager d’avoir vu trop de choses…

Les trois étages sont des couloirs en forme de boîtes à chaussures, dont on peut se figurer la faible contenance sur la jolie maquette exposée au rez-de-chaussée.

Ladite maquette, mise en abîme plastique indispensable à tout projet architectural qui se respecte, est exposée avec une copine formelle, pour être sûr que ce n’est pas par hasard que le motif des croisillons a été choisi.

De son prédécesseur parisien, le Centre Pompidou-Metz a gardé la piazza et l’idée de transparence, nous disent les dizaines de milliers de commentateurs qui l’ont ouverte sur le sujet. Ils ont presque tous oublié de dire que le nouveau Beaubourg sera autant, sinon encore plus périssable que le premier : la toile de couverture blanche (et autonettoyante) est garantie 30 ans. Mais je suis impatiente de voir les premières restaurations, dans six mois : le hall de plusieurs dizaines de mètres de hauteur est entouré de murs de plastique.

Les logos des deux Centres Pompidou ont aussi en commun d’être inspirés du bâtiment, des fois que, dans un moment d’égarement, on oublie qu’il y a une pensée à l’origine de ces grandes bâtisses.

Quand on a passé des heures à contempler un structure de bois et de plastique, qu’on apprend qu’il n’y a pas de collection là-dedans, qu’on ressort sceptique de l’exposition inaugurale, qu’on parcourt les alentours et qu’on prend la piazza pour un parking désert, alors seulement, la notion de « coquille vide » prend tout son sens. Même le Palais de Tokyo et la Nef du Grand Palais réunis, à côté, c’est du pipi de chat : le Centre Pompidou Metz s’affirme comme vide sans en avoir honte. En ce sens il fait d’ailleurs un écho bruyant à l’exposition du Frac Lorraine dont je parlerai plus tard.

Finalement, pour décrire le Centre Pompidou-Metz en quelques mots, on peut reprendre ce que la plupart des Messins m’ont dit pour me décrire leur ville : « Metz, c’est beau mais ya rien».

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3 réponses à “Couvre-chef d’œuvre ?

  1. Une piazza ? Où ça une piazza ?

  2. Rappelle-toi, ce grand espace en pente avec des tessons de bouteilles incrustés dans le sol, désert et triste, en face du Beaubourg local.

  3. je tiens a ajouter a vos dires que des expositions se sont déroulées depuis votre visite et qu’elles étaient très réussies. J’y suis allé en mars 2010. La toiture quant a elle a déjà cédé ! mais elle a bien sur été « recousue ». La neige importante de l’hiver dernier y est pour beaucoup.

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