Ensemble, évaluons nos évaluateurs

Suite à ce message, une enquête sur ce que l’Inpes avait en tête s’imposait.

C’est seulement après avoir fait le test deux fois de la même manière, en cochant successivement « femme » puis « homme » que cette première question fait sens. Elle permet de situer « votre » consommation moyenne (mal estimée, au passage) dans une moyenne nationale qui est, bien entendu, genrée.

(Au passage, mention spéciale au graphiste : 2 verres consommés par une femme égalent 7 verres consommés par un homme.)

Une consommation plutôt basse est égale à la moyenne féminine, et inférieure à la moyenne masculine. À part ces comparaisons à des moyennes qui ne veulent rien dire, les « recommandations » de l’Inpes sont similaires pour les femmes et les hommes.

MAIS :

(Tout à coup, le graphiste se dit « Tiens ! et si je reportais la différence mathématique entre 7 et 2 sur mes jolis petits graphiques ? »)

Pour une consommation moyenne un peu plus importante, les comparaisons aux moyennes sont toujours là, et toujours sans intérêt. Ce sont les conseils de l’Inpes qui changent. Pour une femme, il semblerait que défoncer à ce point la moyenne nationale active le mode « conseil genré ». Pour un homme, le même chiffre ne fait que doubler la moyenne nationale : pas de quoi s’alarmer.

Conclusion : femme, ne va surtout pas croire que ce qui est bon pour l’homme est bon pour toi, malheureuse ! Si tu veux qu’on te laisse tranquille, fais comme la moyenne des femmes et d’une manière générale, fais-en moins que les hommes.

(Ce sens de la comparaison, c’est incroyablement séduisant)

L’Inpes, qui réagit bien quand ça l’arrange, a transmis cette réserve à Alcool Info Service qui explique ici (mais curieusement, pas sur leur site) le pourquoi du comment de cette différence de norme : les femmes sont plus fragiles, car elles ont moins de muscles, donc mettent plus longtemps à se débarrasser de l’alcool. Une autre théorie soutient que ce n’est pas tant le genre que le poids qui détermine le métabolisme dans ce cas mais passons, là n’est pas le problème.

(Il y a tout de même des chiffres qui parlent plus que d’autres. Mais ils ne sont pas sur ce site.)

Le vrai problème, c’est quand « évaluer » une pratique individuelle revient à la comparer à une moyenne. Depuis quand les moyennes sont des références ?

En fait, l’Inpes confond tout simplement la norme et les usages, soit une règle apparemment fixée sur des bases scientifiques (« une femme devrait… » « un homme devrait… ») avec les pratiques en cours ramenées à des moyennes différentes selon les âges et les genres (« les femmes font en moyenne… » « les hommes font en moyenne… »). Confondre théorie et pratique n’est déjà pas très glorieux, pour un organisme composé de scientifiques qui ont fait plein d’études et passent leur temps à publier de savants graphiques pour nous protéger de nous-mêmes. Mais en plus, la base scientifique de leurs recommandations ET le traitement de leurs études sont très discutables.

Conclusion 2 : au cas où l’on avait encore des doutes (après ceciceci et cela), l’Inpes ne sert à rien.

Lueur d’espoir tout de même : il arrive un certain point où le Plan Conseil Genré en alerte rouge est déclenché pour les hommes :

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