Le choix du commissaire (prologue)

– Chère amie, je ne sais pas quoi faire de ma peau, tu ne veux pas me confier le prochain prix de la fondation ?

– OK. Par contre, tu as intérêt à faire vraiment une exposition*.

– ooOOooh merci l’amie.

– Ne me remercie pas. Ça m’ennuierait de te dire non et puis comme ça, j’aurai quelque chose à raconter dans l’édito du catalogue.

– Quoi ?! Vous publiez des catalogues pour l’expo du prix, maintenant ?

– Oui mais t’en fais pas, ce sera un petit truc light, avec des fautes et de mauvaises repro. Imprimé sur du papier buvard qui marque. Même pas pelliculé.

– Ça veut dire que je dois écrire un texte ?

– Oui, c’est mieux oui.

– Pffffffffff, tu es dure.

– Bon, tu veux la faire cette expo ou quoi ?

– Oui, mais pfffffff… j’ai combien de temps pour écrire le texte ?

– Il nous le faut pour le 15 août. Et un communiqué aussi. Et un titre. Et une liste d’artistes.

– Oh mon dieu !!! Mais vous êtes ignobles !!!

– Tu veux me faire croire que tu n’es pas capable de pondre un texte en deux mois ? Toi ?

– Pas du tout, l’amie ! Je pense au spectateur. Vous allez broyer son imaginaire*.

– Bon, tu vas la faire ou pas ? C’est la règle du jeu, je ne t’apprends rien.

– C’est bien regrettable cette banalisation de l’exposition*. Une expo ne doit jamais être une habitude ! Pour moi, la perspective de l’expo ouvre un espace mental*, elle prend une place conséquente* ; elle devient petit à petit une préoccupation* et une inquiétude* ; elle ne me concède aucune quiétude* ; elle ne me laisse plus tranquille*…

– « Aucune quiétude » j’avais compris.

– … elle établit sa propre logique*, elle me conduit vraiment là où elle veut*, je tente avec ce que je sais de lui opposer autant de fins de non recevoir qu’il est possible*, et j’essaie aussi, toujours avec ce que je sais*…

– Garde ton inspiration pour le catalogue l’ami, tu en auras besoin.

– Et tu veux que je tue tout ça en le communiquant en 1000 signes pour dans deux mois ?

– Exactement, c’est mon rôle ! Je suis directrice, c’est toi l’auteur. Je te fais confiance, tu trouveras bien une astuce.

– Je suis obligé d’écrire quelque chose moi-même ?

– Qu’est-ce que je disais. À dans deux mois, Éric.

(*les expressions marquées d’une * sont tirées du catalogue)

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