Un peu de contenus : les « blogs »

Le site de We are reputation, qui nous occupe depuis quelques jours nous informe de la présence d’un blog. Quoi de plus naturel que d’y jeter un œil ?

En réalité, nous n’aurons pas besoin de beaucoup plus pour nous faire une idée globale des contenus de ce blog : deux articles à ce jour. Ce serait peu s’il s’agissait d’un vrai blog ouvert depuis déjà deux mois, mais c’est tout à fait honnête pour une annexe de communication.

Les deux articles datent du même jour et se répartissent équitablement entre information et communication. Pour que les choses soient claires, tous les deux sont tagués « blog » – on ne rit pas.

Comme un fait exprès, le pan communication apparaît en premier, étant le dernier article édité. Un simple paragraphe pour nous souhaiter la bienvenue sur le blog de WAR en nous offrant un pot à crayons. Trop aimable.

Le volet information est beaucoup plus étoffé – à première vue : 3700 signes (notes comprises), une illustration un brin moins The office, des notes de bas de page et la mention du XVIIIe siècle et des Lumières donnent un petit côté « article de fond » plutôt engageant.

L’illustration, toutefois :

…me rappelle dangereusement un autre écueil de notre société de la communication : le manque d’imagination en termes de communication visuelle. Car en googlisant benoîtement « e-réputation », on trouve ça :

Ce qui m’a tout de suite fait penser à un roman que j’ai adoré dans les premières années de ma vie sur terrre :

[Fin de la digression autobiographique]

Bref, mais qu’en est-il donc du texte lui-même ? Certains articles sont aussi mal illustrés que passionnants mais ici, ce n’est pas le cas. « Internet & vie privée » nous laissera sur notre faim tatillonne. Les notes de bas de page, dont les liens ne fonctionnent pas (ne leur jetons pas la pierre, n’est pas geek qui veut, et moi la dernière) sont très approximatives : l’emploi d’un conditionnel non justifié ajoute un flou là où on attend une info vérifiée et vérifiable ; un « op. cit. » bien mal placé nous prive de la réelle source d’une information ; la mention d’un obscur G29 expliqué nulle part ailleurs nous oblige à quitter la page pour aller voir si l’herbe est plus verte sur Google.

Globalement, le contenu est assez superficiel pour être à la fois distrayant et frustrant. On y apprend qu’Internet a bouleversé le droit à la vie privée mais que, heureusement, WAR est là pour y remédier. Ouf ! On est bien dans la communication, j’ai craint un instant avoir à faire à de l’information substantielle.

Une fois la lecture de ces articles terminée, on peut visiter le reste du blog. Je vous rassure, ça ne prend pas longtemps.

Dans le menu de droite, la jeunesse des archives et la créativité des tags choisis se confirment :

… et l’on découvre une nouvelle définition du commentaire de blog. En effet, ce supposé commentaire récent (« E-réputation des entreprises un enjeux [sic] majeur ? » dans « Gestion de crise ») est en réalité un lien vers un autre blog, Réputation Élite, ouvert en janvier chez WordPress.

Autre blog qui ne tient pas une minute sans apparaître comme une simple publi-info pour WAR. Dans le seul article publié à ce jour, si l’entreprise n’est pas directement citée, son site est la seule destination des deux hyperliens présents dans les termes de « e-réputation » et « gestion de crises ».

En fait de « commentaire récent », le geek aura reconnu le « ping » qui indique que, dans cet article supposément extérieur, un lien hypertexte redirige le lecteur vers le site de WAR.

On n’y apprend absolument rien, si ce n’est que WAR souhaite manifestement générer des aller-retours entre son blog et… son blog. Pour une entreprise qui nous prie gentiment d’éviter de publier un hyperlien pointant vers son site, c’est un comble. D’autant que la société se retrouve en pleine aporie métaphysique car elle nous informe, dans les mêmes Conditions générales d’utilisation, ne pas être responsable des informations contenues sur les sites accessibles via les liens hypertextes contenus sur son propre site… S’il fallait obéir à ces recommandations, on devrait donc à la fois les prendre au sérieux et ne pas les prendre au sérieux. Heureusement, la médiocrité de leur double blog incite à choisir la seconde injonction.

Et ne me lancez pas sur les fautes de français de ces articles.

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