Totalement déboussolés

– Mon dieu qu’elle a l’air sympa cette expo…

Livre d'orLivre d'orLivre d'or

– OK, c’est parti.

Totalement désarçonnés, le plan

– Hé les filles, je crois qu’on a raté le 42, Martin Le Chevallier, dans le hall d’accueil. Des cartes postales.

– Bah, on les verra en repartant. Là on a le 39 et le 38, voyons voir…

– Bon, elle est où l’œuvre de Julie Navarro ? Ce crétin de papier inutile ne nous dit rien que « Madeleine » et « Madeleine et René », c’est une blague ?

– Je crois que c’est la broderie, là.

Julie Navarro

– Bertrand Planes, c’est facile c’est l’horloge. C’est son âge.

– Heu ?

– Le 38. Il a donc 39 ans et 4 mois. Environ.

– Ah ok. On enchaîne ?

– Là on va avoir le… [je cherche] 41 et 40. C’est-à-dire… Evariste Richer et Pascal Lièvre.

– Le glittering c’est Pascal Lièvre, aucun doute là-dessus.

Pascal Lièvre

– Et ça là, ça doit être le mètre lunaire d’Evariste Richer.

Evariste Richer

– Là, le truc ton sur ton ? Que j’aurais pu rater ?

– Tout à fait.

– OK, maintenant j’aimerais savoir comment il est possible de mettre des œuvres qui n’ont rien à voir avec la choucroute au milieu de pièces du 17 et 18ème siècles, sans cartel.

– En faisant des blagues de type « tiens, on va mettre un pièce de 1 cm de large couleur cuivrée sur un tabouret en bois verni, pour le raccord couleur ».

– Ils se sont dit que les gens allaient follement s’amuser pour retrouver, sans les connaître, quels artistes ont fait quelles œuvres.

– Ça m’étonne pas. Nous, on s’amuse comme des fous.

– Comme des fous furieux, même. Impensable de faire ça dans un château ouvert à tous…

– Tu m’étonnes qu’ils aient des mots incendiaires dans le livre d’or !

– Ah en parlant de ça, je crois qu’on va arriver aux œuvres homophobes et misogynes, youpi.

Françoise Quardon

– Franchement, ça sans médiation ? Des insultes basses du front sur paillasson, et personne pour dire que c’est justement critique…? Je m’étonne même que personne n’ait essuyé ses écrase-merde dessus.

– Bon, dans cette pièce, on devrait trouver du Const… ah, ben le voilà. Impossible de le rater, lui.

– tu dis ça parce que tu connais son boulot.

– Non regarde, il a droit à de la médiation. Exceptionnel.

Guillaume ConstantinGuillaume Constantin

– Je me demande quand même qui a pensé à cet accrochage, je n’arrive toujours pas à trouver le rapport avec le schmilblick. Et moi, je suis supposée aimer l’art contemporain, merde.

– Hé mais c’est quoi ce son de merde ?

– Je crois qu’ils se sont dit « Tiens! et si on mettait le son du poste à fond, dans une salle voutée et basse de plafond ? Pour une vidéo insupportable en plus, trop cool ! »

– Non mais ça, sérieux…

– L’artiste doit avoir 22 ans, max 23.

– Moi en prépa je leur dis « Non, ça suffit là, de montrer vos fesses, les filles, elles n’intéressent personne et l’espace public en est déjà rempli ».

– Attends, je crois qu’elle veut faire comme si elle saignait dans une baignoire.

– Subtil.

Cendrillon BélangerCendrillon BélangerCendrillon Bélanger

– Hé regarde, au fond de la cuisine ils ont mis un Philippe Mayaux. C’est la seule pièce qui soit vraiment en lien avec le décor habituel du château…

– Oui, sauf que c’est pas Philippe Mayaux, c’est vraiment un décor de gâteau factice…

– Alors cette exposition est vraiment insensée du début à la fin. Ou alors j’exige des explications, bordel.

Pas Philippe Mayaux

– Je trouve ça assez fou qu’ils mettent un Anne-Laure Sacriste comme ça sans garde-fou.

– Bah, tu crois qu’il y a des vandales qui visitent le château ?

– Ce n’est même pas la question, mais je serais un artiste, je demanderais à ce qu’il y ait un peu plus de sécurité vis-à-vis d’une pièce comme ça.

Anne-Laure Sacriste

-Bon, c’est pas joyeux joyeux cette expo… Je rêve devant tant d’amateurisme. Un château magnifique, tout plein de choses de toutes époques déjà pas évidentes à comprendre, encombré de pièces d’art « moderne » (je ne peux même pas en vouloir aux gens de ne pas avoir apprécié…) qui n’ont aucun rapport avec rien, sont posées n’importe comment n’importe où (qui a vu qu’on pose des choses sur une table de jeu, je vous le demande), et surtout sans explication aucune : on aurait voulu attirer les pires critiques, on ne s’y serait pas pris autrement.

– C’est peut-être le but, tu sais, cette petite ritournelle dans laquelle l’art contemporain se prélasse parfois : « ouin, personne ne nous aime, parent pauvre, injustice, diversité, qualité de programmation, etc »

– En tout cas, l’expo bon. Mais la médiation, zéro.

– Allez, pour finir, la pièce la plus en phase avec le lieu, la plus drôle et la plus sportive :

Régis Perray

– Merci Régis Perray pour cette partie de glissade endiablée.

3 réponses à “Totalement déboussolés

  1. Vous n’avez en effet rien compris. Dommage pour vous. Vos connaissances historiques limitent votre approche… au 1er degré.

    • Je n’ai en effet rien compris, ni à l’exposition ni à votre commentaire. Voulez-vous qu’on en discute ?

      EDIT : Pardon, pas je mais nous n’y avons rien compris.

  2. Ah ouais. Non mais quand même. Je suis d’accord avec vous : zéro communication, zéro sécurité. Mettre ne serait-ce qu’un cordon de sécurité signale au visiteur « hey ça faut pas toucher : c’est de l’art! ». Et là, on attrape le visiteur avec un cartel et une petite brochure mieux faite : il a au moins la sensation d’être accueilli!

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