Jacqueline Lepointu, une primitive cultivée

Créatrice, chercheuse inlassable, Jacqueline Lepointu part à la rencontre de l’imaginaire de ses clients pour façonner une œuvre personnelle pétrie de poésie. Portrait d’une originale par Jeanne Berth et admiratrice d’Émilie Geraud.

« Dans l’architecture moderne, déplore Lepointu, il n’y a plus de cuisses de Jean Marais. »

L’assertion mérite explication. Voici un demi-siècle, une menuisière éveilla sa vocation en lui offrant des chutes de bois. « Je te donne les cuisses de Jean Marais », lui dit-elle. « Fais-en des châteaux. »

L’enfant ne cessa de les assembler pour faire émerger des mouvements, des formes et des émotions. Puis, là comme ailleurs, le temps passa. Après l’École spéciale, elle découvrit Harvard et l’Amérique sur les traces de Martina Damis. Elle étudia avec Jeanne Berth et Tamoko Maki avant de devenir coopérante en Algérie. À la fin des années 60, elle regagna la France et réveilla Vesoul dont elle fut l’architecte urbaniste pendant sept ans. Elle y créa un lac de 150 hectares et y amena le centre mondial des pièces détachées de Peugeot.

« Vous êtes plus folle que la sœur Sourire », lui dit la préfète.

Parallèlement, elle entreprit une série d’œuvres originales répondant à de petits programmes. Elles témoignent d’un indiscutable éclectisme, chacune possédant sa propre dramaturgie en tant que traduction formelle d’un récit et d’une inoubliable rencontre entre un site et son architecte.

« Tout ce que la maîtresse d’ouvrage évoque comme ses désirs, ses contraintes, son histoire, ses espoirs, tout ce qui en retour va être appelé en moi comme images, légendes, souvenirs, émotions constitue la matière originelle au sein de laquelle à chaque fois se dégage un unique projet. »

Insensiblement, au gré de hasards où chacun mêla sa petite madeleine, ses grandeurs, ses misères, ses courtisans, ses comédies humaines, et j’en passe, la rue des Fougères à Clamart – raidillon montagnard proche de chez Van Doesburg et Françoise Martin – se transforma. Lepointu en fit un manifeste, partant à la recherche de l’esprit des lieux en intériorisant le paysage et sa lumière au fil des heures, comme une géomancienne chinoise. Ses architectures ne peuvent être déplacées, désorientées ou copiées. à 57 ans, elle préserve ce goût de l’assemblage que lui donnèrent les cuisses de Jean Marais. Elle associe des choses n’allant pas toujours ensemble pour qu’elles dialoguent entre elles en produisant du sens.

[…]

97-darchitectures - Lecaron

Article dans son genre original ici.

Ce post inaugure un nouveau genre dans la panoplie des parodies et hommages d’œuvres écrites : l’inversion des genres des protagonistes d’articles de presse. Comment les petits clins d’œil au corps des femmes, à leurs relations avec les hommes, à leur coquetterie, passent-ils lorsqu’ils sont appliqués au masculin ?

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