Archives de Catégorie: Barbouille

choses faites, choses vues

Une vraie bonne idée pour nous les femmes

Vu à la gare de Lyon :

Distributeur de vernis à ongles

Parce qu’en effet, il n’y a vraiment que dans le train que la pose de vernis à ongles est pertinente.

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Totalement déboussolés – une réponse

En réaction à ce post, j’ai reçu ceci de la part de Julie Navarro, exposée dans la tragiquement dépourvue d’informations exposition « Totalement désarçonnés »:

Bonjour,
Je découvre par hasard vos commentaires sur l’expo Totalement désarçonnés.
Je crois que les conditions d’accrochage n’ont pas permis aux organisateurs pendant l’exposition de poser les cartels, mais le catalogue expliquera mieux le pourquoi du comment.
Pour vous, voici l’explication de Madeleine et René…
« « Madeleine et René » , une fiction brodée qui réinvente les amours de René de Longueil , commanditaire du château de Maisons. René aimait Madeleine, son épouse, dont nous n’avons pas de représentation. J’ai voulu imaginer le visage de Madeleine emprunt d’une beauté diaphane et qu’il retrouve une place éternelle aux côtés de la gravure de son mari. Les petits formats décrivent la vie qu’ils auraient pu avoir si Madeleine n’avait pas quitté ce monde prématurément pour le plus grand malheur de René qui avait fait dessiner le château pour elle avec des espaces intimes et d’autres dédiés aux divertissements les plus extravagants. On les voit ainsi d’un côté, saisis dans leur pleine jeunesse, jouant de leurs charmes, et de l’autre, avec les années passant, nourris d’un amour tranquille. »

Bien à vous,

Julie

C’est vraiment très urbain de me donner ces infos, mais ça n’enlève pas mon incompréhension totale face à l’absence de médiation sur place…

Pour en savoir plus sur l’artiste, naviguez donc par là-bas. Et pour en voir plus, allez plutôt par ici.

Totalement déboussolés

– Mon dieu qu’elle a l’air sympa cette expo…

Livre d'orLivre d'orLivre d'or

– OK, c’est parti.

Totalement désarçonnés, le plan

– Hé les filles, je crois qu’on a raté le 42, Martin Le Chevallier, dans le hall d’accueil. Des cartes postales.

– Bah, on les verra en repartant. Là on a le 39 et le 38, voyons voir…

– Bon, elle est où l’œuvre de Julie Navarro ? Ce crétin de papier inutile ne nous dit rien que « Madeleine » et « Madeleine et René », c’est une blague ?

– Je crois que c’est la broderie, là.

Julie Navarro

– Bertrand Planes, c’est facile c’est l’horloge. C’est son âge.

– Heu ?

– Le 38. Il a donc 39 ans et 4 mois. Environ.

– Ah ok. On enchaîne ?

– Là on va avoir le… [je cherche] 41 et 40. C’est-à-dire… Evariste Richer et Pascal Lièvre.

– Le glittering c’est Pascal Lièvre, aucun doute là-dessus.

Pascal Lièvre

– Et ça là, ça doit être le mètre lunaire d’Evariste Richer.

Evariste Richer

– Là, le truc ton sur ton ? Que j’aurais pu rater ?

– Tout à fait.

– OK, maintenant j’aimerais savoir comment il est possible de mettre des œuvres qui n’ont rien à voir avec la choucroute au milieu de pièces du 17 et 18ème siècles, sans cartel.

– En faisant des blagues de type « tiens, on va mettre un pièce de 1 cm de large couleur cuivrée sur un tabouret en bois verni, pour le raccord couleur ».

– Ils se sont dit que les gens allaient follement s’amuser pour retrouver, sans les connaître, quels artistes ont fait quelles œuvres.

– Ça m’étonne pas. Nous, on s’amuse comme des fous.

– Comme des fous furieux, même. Impensable de faire ça dans un château ouvert à tous…

– Tu m’étonnes qu’ils aient des mots incendiaires dans le livre d’or !

– Ah en parlant de ça, je crois qu’on va arriver aux œuvres homophobes et misogynes, youpi.

Françoise Quardon

– Franchement, ça sans médiation ? Des insultes basses du front sur paillasson, et personne pour dire que c’est justement critique…? Je m’étonne même que personne n’ait essuyé ses écrase-merde dessus.

– Bon, dans cette pièce, on devrait trouver du Const… ah, ben le voilà. Impossible de le rater, lui.

– tu dis ça parce que tu connais son boulot.

– Non regarde, il a droit à de la médiation. Exceptionnel.

Guillaume ConstantinGuillaume Constantin

– Je me demande quand même qui a pensé à cet accrochage, je n’arrive toujours pas à trouver le rapport avec le schmilblick. Et moi, je suis supposée aimer l’art contemporain, merde.

– Hé mais c’est quoi ce son de merde ?

– Je crois qu’ils se sont dit « Tiens! et si on mettait le son du poste à fond, dans une salle voutée et basse de plafond ? Pour une vidéo insupportable en plus, trop cool ! »

– Non mais ça, sérieux…

– L’artiste doit avoir 22 ans, max 23.

– Moi en prépa je leur dis « Non, ça suffit là, de montrer vos fesses, les filles, elles n’intéressent personne et l’espace public en est déjà rempli ».

– Attends, je crois qu’elle veut faire comme si elle saignait dans une baignoire.

– Subtil.

Cendrillon BélangerCendrillon BélangerCendrillon Bélanger

– Hé regarde, au fond de la cuisine ils ont mis un Philippe Mayaux. C’est la seule pièce qui soit vraiment en lien avec le décor habituel du château…

– Oui, sauf que c’est pas Philippe Mayaux, c’est vraiment un décor de gâteau factice…

– Alors cette exposition est vraiment insensée du début à la fin. Ou alors j’exige des explications, bordel.

Pas Philippe Mayaux

– Je trouve ça assez fou qu’ils mettent un Anne-Laure Sacriste comme ça sans garde-fou.

– Bah, tu crois qu’il y a des vandales qui visitent le château ?

– Ce n’est même pas la question, mais je serais un artiste, je demanderais à ce qu’il y ait un peu plus de sécurité vis-à-vis d’une pièce comme ça.

Anne-Laure Sacriste

-Bon, c’est pas joyeux joyeux cette expo… Je rêve devant tant d’amateurisme. Un château magnifique, tout plein de choses de toutes époques déjà pas évidentes à comprendre, encombré de pièces d’art « moderne » (je ne peux même pas en vouloir aux gens de ne pas avoir apprécié…) qui n’ont aucun rapport avec rien, sont posées n’importe comment n’importe où (qui a vu qu’on pose des choses sur une table de jeu, je vous le demande), et surtout sans explication aucune : on aurait voulu attirer les pires critiques, on ne s’y serait pas pris autrement.

– C’est peut-être le but, tu sais, cette petite ritournelle dans laquelle l’art contemporain se prélasse parfois : « ouin, personne ne nous aime, parent pauvre, injustice, diversité, qualité de programmation, etc »

– En tout cas, l’expo bon. Mais la médiation, zéro.

– Allez, pour finir, la pièce la plus en phase avec le lieu, la plus drôle et la plus sportive :

Régis Perray

– Merci Régis Perray pour cette partie de glissade endiablée.

Potentiel d’un monde félicité

On ne sait pas trop ce qu’une suite de projets de jeunes diplômés aurait pu avoir de non fragmenté, mais le titre de l’exposition des félicités des Beaux-arts de Paris joue son rôle : poétique et mystérieux, il joue la carte du virtuel (dans le sens de futur) et de la mondialisation à laquelle les jeunes artistes vont être, maintenant qu’ils sont lâchés dans la nature, inévitablement confrontés.

Possibles d'un monde fragmenté

Il y a les contours métalliques et solides d’un bateau qui semble immense au milieu de la foule mais qui doit avoir, en fait, une taille tout à fait réglementaire (Caroline Corbasson), ainsi qu’une sorte d’araignée à quatre pattes, de métal elle aussi, que l’on peut chevaucher grâce à ce qui ressemble à une selle (Camille Rosa). Le document de visite n’est pas clair, les questions fusent.

– Qui peut me dire qui a fait cette selle ?

– C’est moi.

– Ah, j’aime beaucoup. C’est vous qui avez fait la barque aussi ?

Il y a un décor de théâtre avec vieilles tables en bois et bouteilles de verre vert, qui me fait penser à certaines mises en scènes de Beckett, montrées à Beaubourg dans l’exposition qui lui était consacrée. Je ne retiendrai qu’une chose des hauts-parleurs cachés dans le verre : « Pour connaître un verre, il n’y a qu’une chose à faire, l’utiliser » (Raphaël Tiberghien).

Il y a aussi des cimaises roulées, trouées, calées par des plaques de plexiglas, tordues dans tous les sens mais toujours très orthogonalement. Certes, des artistes qui déplient et replient le white cube, on en a à la pelle, mais quand c’est beau et bien réalisé, ça fait plaisir aux yeux (Mara Fortunatovic).

– Fais-moi penser à googliser celle qui montre des images de jeunes mariés, je suis sûre qu’elle fait du réappropriationnisme, il faut que je l’ajoute à ma base de données d’artistes qui utilisent les résultats de recherche comme base de données (Anne-Catherine Le Layo).

Il y a des collages sur Sopalin texturé (Mazaccio & Drowilal).

Il y a de grandes sculptures de porcelaine, aux côtés d’une vitrine de trucs, parmi lesquels les quasi même spécimens végétaux que ceux dont se sert le Musée de la Vie Romantique pour empêcher botaniquement les visiteurs de s’asseoir sur les fauteuils ayant appartenu à George Sand (India Leire). On entend un commentaire.

– Va voir cette India, là-bas, ça vaut le coup.

Et puis il y a, si on les a ratées en arrivant, d’incroyables expérimentations mêlant produit hydrophobe, météorite, scanner désorienté, pigments thermosensibles et cristaux d’alun, mis en scène dans ce qui ressemble à un studio de selfies (Juliette Goiffon et Charles Beauté).

Juliette Goiffon et Charles Beauteé