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Trimtramtrom, étape 2

Micro-onde

Programme Tram in situ, Micro-Onde

Très belle expo, avec des infos , ou encore ici.

Et un écho là-bas.

Les Récits de l'Insu, Micro-Onde

 

Les Récits de l'Insu, Micro-Onde  Bettina Samson

Les Récits de l'Insu, Micro-Onde - Batia Suter

 

Et pour le retour, prenons le tram.

Tram tout beau qui nous ramène de Micro-onde

Revenir d’une mission Trimtramtrom en tram, c’est d’un chic.

[Merci encore à Alice pour la mission et les photos.]

L’invisibilité des femmes mise à nu par ses visiteurs, même

– Une expo sur la place des femmes dans l’art ? Oh mais oui, qu’on va y aller. Grave.

Et puis paf, un attentat, une prise d’otages, une autre prise d’otages plus tard, et voilà qu’une œuvre se met à poser problème. Parce qu’elle parle des femmes ? Que nenni. Parce qu’elle parle des femmes musulmanes. Saperlipopette.

Donc paf, une expo au thème super prometteur devient l’expo-dontpleindejournauxparlent mais pour d’autres raisons. Du coup, de la place des femmes dans l’art, on ne parlera toujours pas.

Bref, l’opportunisme, le manque courage et l’autocensure c’est pas cool, et le collimateur espère que tout cela aura une issue plutôt positive pour l’art, pour la liberté d’expression et pour l’équipe du Pavillon de Vendôme.

En attendant, le sujet de ce post était le décès de rire provoqué lorsqu’un vieux* visiteur a trouvé le moyen de dire, devant cette peinture-ci (cliquez et zoomez si vous n’avez pas de bons yeux) :

Nina Childress

– Ah bon ? Ce ne sont que des femmes qui sont représentées ? Ah tiens, je n’avais pas fait attention.

Mais oui.
Dans une expo qui prend pour point de départ la non-place des femmes dans l’histoire de l’art. Pardon, j’ai pas très bien entendu. La non-place des quoi ?

EDIT : La décision finale est de décrocher l’exposition. A la mairie de Clichy, on est manifestement Charlie seulement si ça ne coûte pas trop cher en sécurité.

*Ledit visiteur n’a pas décliné son âge, mais il s’est adressé à ma comparse en termes qui évitent plutôt le doute : « j’aimerais savoir ce que vous, en tant que jeune, blablabla »

Totalement déboussolés – une réponse

En réaction à ce post, j’ai reçu ceci de la part de Julie Navarro, exposée dans la tragiquement dépourvue d’informations exposition « Totalement désarçonnés »:

Bonjour,
Je découvre par hasard vos commentaires sur l’expo Totalement désarçonnés.
Je crois que les conditions d’accrochage n’ont pas permis aux organisateurs pendant l’exposition de poser les cartels, mais le catalogue expliquera mieux le pourquoi du comment.
Pour vous, voici l’explication de Madeleine et René…
« « Madeleine et René » , une fiction brodée qui réinvente les amours de René de Longueil , commanditaire du château de Maisons. René aimait Madeleine, son épouse, dont nous n’avons pas de représentation. J’ai voulu imaginer le visage de Madeleine emprunt d’une beauté diaphane et qu’il retrouve une place éternelle aux côtés de la gravure de son mari. Les petits formats décrivent la vie qu’ils auraient pu avoir si Madeleine n’avait pas quitté ce monde prématurément pour le plus grand malheur de René qui avait fait dessiner le château pour elle avec des espaces intimes et d’autres dédiés aux divertissements les plus extravagants. On les voit ainsi d’un côté, saisis dans leur pleine jeunesse, jouant de leurs charmes, et de l’autre, avec les années passant, nourris d’un amour tranquille. »

Bien à vous,

Julie

C’est vraiment très urbain de me donner ces infos, mais ça n’enlève pas mon incompréhension totale face à l’absence de médiation sur place…

Pour en savoir plus sur l’artiste, naviguez donc par là-bas. Et pour en voir plus, allez plutôt par ici.

Vernissage

– Pourquoi tu prends en photo les notices ? Elles sont dans le catalogue.

– Oui, j’ai vu, mais c’est pour avoir le nom de l’artiste à portée de fichier, quand je trierai [jamais] mes photos de l’expo.

– Et là tu vas prendre en photo tout le doc ? J’ai horreur de l’art documentaire.

– Non, seulement la première page. Ça parle de quoi ?

– C’est une convocation devant les tribunaux… L’artiste reproche au FN de pirater les recherches sur Google de son nom, parce qu’on tombe sur une ville FN depuis les dernières municipales.

– Est-ce que l’histoire nous dit si c’est une vraie convocation ou un fake ?

– Non.

– Regarde. Faire un espace documentation et lecture, comme c’est original. C’est vraiment sur cette proposition qu’il a été sélectionné ?

– Aucune idée. Mais les visiteurs sont contents d’avoir un coin de chaise pour s’asseoir. Tu as lu sa notice, à l’artiste ?

– Je vais tuer le crétin qui a décidé d’annoncer les artistes par ordre d’état civil. Impossible de m’y retrouver. Bordel.

– Alors lui avec sa nudité crue, il a bon dos, il ne nous montre que des boules. Poilues en plus.

– Moi la peinture, vraiment je n’aime pas.

– Ah moi non plus.

– En fait je me demande « La peinture… Pourquoi ? »

– Oh là, hé ho dites donc là, attention les filles, vous faites de la généralisation à deux balles là.

– Naaan, mais je saiiiis, que si l’artiste me prend par la main et me raconte ce qu’il y a là-dedans, bien sûr que je vais apprécier, je vais arrêter de poser des questions cons.

– Ben voilà, ben voilà. Maintenant il faudrait mûrir et être un peu honnête alors. Moi aussi avant je disais « boah, la peinture, nan mais pff » et en fait, j’ai tellement de « sauf Machin, et sauf Truc, pis bon c’est vrai que Bidule il fait des trucs juste perfect », que je ne peux plus dire, non vraiment je ne peux plus prétendre que la peinture c’est laid.

– Oui mais il y a un truc fondamental avec le medium.

– Oui voilà c’est ça, c’est un problème de médium.

– Disons ça…

– Tu sais, je fais souvent des déclarations généralisantes dont je ne suis pas fière.

– Mouais. Ça ne t’excuse pas.

– J’aimerais faire une déclaration. Autant d’artistes qui produisent une œuvre protéiforme, moi, ça me met – en – joie.

– Rho, sois gentille avec les critiques. Écrire des notices en chaîne comme ça, c’est vraiment pas le plus facile. Tu as un tic de langage et paf, il se retrouve dans la moitié de tes textes.

– En plus, dans certains cas, les auteurs ont dû pondre le texte sans avoir une idée précise des pièces qui seraient montrées…

– Mouais, d’accord. N’empêche, il y a autre chose à dire que protéiforme, dans notre belle langue.

– Ah, tu vas pas aimer, ya encore un artiste protéiforme par là-bas.

– Ah j’en ai vu à Monop des clochettes comme ça, je vais m’en acheter.

– Mais le problème c’est que je ne saurai pas quoi mettre dessous. Je n’ai pas d’objet précieux à isoler du monde.

– Sympa le graphisme en 3D.

– Ah tiens, une installation dans la cimaise. C’est pas commun.

– Han j’adore ça, j’adore les plumes.

– Heu alors les morceaux d’animaux, non, je dis non, vraiment.

– Han nan, c’est trop bien les plumes, j’adore.

– Putain ya une œuvre en Légo®!!!!

– Et c’est un cercueil en plus!!!!

– Ya même le mode d’emploi!!!!

– Comment c’est trop la bonne idée!!!!

– Tu crois que c’est la même personne qui comble les crevasses avec des Légo® dans la rue ?

– Non, à mon avis non. C’est bien trop commun. Ici on a droit à la crème de la crème de la jeune création.