Archives de Tag: L’art dans la fiction

Le carré rouge était presque parfait

Je crois que je n’avais encore jamais lu Benacquista quand on m’a prêté Trois carrés rouges sur fond noir : « Lis-le, ça se passe dans un Frac ». Je parlerai un jour du bon côté qu’il y a à être cataloguée dans une certaine catégorie d’activités humaines.

Dans TCRSFN, on s’attache assez vite au personnage principal, assez jubilant, passionné et un brin naïf, mais plutôt obstiné dans la vie. C’est en fait le cas de beaucoup de personnages de Benacquista, mais là n’est pas la question.

TCRSFN, c’est beaucoup mieux qu’une histoire qui se passe dans un Frac. C’est une intrigue policière avec tout ce qu’il faut de meurtres, d’agressions, de vols et de vandalisme, mais dont le cœur est une vraie histoire de l’art. En l’occurrence, le litige central repose sur un groupes d’artistes qui écrivent l’histoire – et ça, je défie quiconque d’en faire un bon scénario de roman policier sans en faire un étalage de références historiques ennuyeuses.

Le dernier M. H., mortel

Le dernier Houellebecq est plutôt mal écrit, sans style, avec des envolées encyclopédiques empruntées ici et là encore plus insipides que le texte principal. Comme s’il voulait nous mettre dans le même état que ses personnages désabusés et dépressifs. Il parle d’un monde de la télévision et de l’art contemporain un peu sexy mais pas très haletant, avec des personnages ennuyeux – et s’offre au passage le rôle du personnage détestable et charismatique central du bouquin.

Certes.

Mais il décrit une scène d’enterrement affreuse, glaçante et mémorable : il s’y passe la bourde la plus impensable que j’aie jamais lue, vue ou vécue. Rien que pour ça, chapeau.

Le dernier M. H., à la page 80

La vie est courte mais j’ai fini par l’entamer, le dernier M. H., à la faveur d’un prêt pour lequel je remercie, ici-même, mademoiselle M. Avec la contrainte de le lire avant Noël. Diable, il fallait que je m’y mette rapidos.

Arrivés à la page 80, on n’a encore aucune raison de s’attacher au personnage principal.

La place de l’art con dans l’intrigue est plutôt banale : c’est l’histoire d’un artiste, et de ses œuvres.

L’ensemble est assez mimétique du monde de l’art que je connais. « Fidèle » diraient certains, même sans tous ces noms propres connus. Trop mimétique, peut-être, pour être intéressant. C’est vrai que moi, les écrits sur les artistes, dans la vraie vie, je trouve ça moyen.

(À suivre)

Il était une fois, l’art contemporain

J’ai été super déçue par Yasmina Reza, mais peut-être parce que j’avais été forcée de lire Art – qui apparemment est le seul écrit grand public qui parle de l’art contemporain à la manière des inconditionnels, des ignares et des sceptiques. C’est la fiction que tous les commentateurs de l’art et même de la culture en général citent quand ils veulent parler du fossé entre les amateurs et les incrédules de l’art contemporain.

Pourtant, j’ai rencontré il y a quelques années un philosophe qui a fait une liste de romans et pièces de théâtre qui abordent l’art contemporain d’une manière ou d’une autre. Sa liste durait cinq minutes (montre en main).

Donc, j’ai pris une décision.

Projet n° 3487 : lire des romans avec des vrais morceaux d’art dedans.

Et pour ça j’ai besoin de vos recommandations (bah oui, pendant le panorama du philosophe, je n’avais pas de quoi noter, et c’était il y a longtemps).