Potentiel d’un monde félicité

On ne sait pas trop ce qu’une suite de projets de jeunes diplômés aurait pu avoir de non fragmenté, mais le titre de l’exposition des félicités des Beaux-arts de Paris joue son rôle : poétique et mystérieux, il joue la carte du virtuel (dans le sens de futur) et de la mondialisation à laquelle les jeunes artistes vont être, maintenant qu’ils sont lâchés dans la nature, inévitablement confrontés.

Possibles d'un monde fragmenté

Il y a les contours métalliques et solides d’un bateau qui semble immense au milieu de la foule mais qui doit avoir, en fait, une taille tout à fait réglementaire (Caroline Corbasson), ainsi qu’une sorte d’araignée à quatre pattes, de métal elle aussi, que l’on peut chevaucher grâce à ce qui ressemble à une selle (Camille Rosa). Le document de visite n’est pas clair, les questions fusent.

- Qui peut me dire qui a fait cette selle ?

- C’est moi.

- Ah, j’aime beaucoup. C’est vous qui avez fait la barque aussi ?

Il y a un décor de théâtre avec vieilles tables en bois et bouteilles de verre vert, qui me fait penser à certaines mises en scènes de Beckett, montrées à Beaubourg dans l’exposition qui lui était consacrée. Je ne retiendrai qu’une chose des hauts-parleurs cachés dans le verre : « Pour connaître un verre, il n’y a qu’une chose à faire, l’utiliser » (Raphaël Tiberghien).

Il y a aussi des cimaises roulées, trouées, calées par des plaques de plexiglas, tordues dans tous les sens mais toujours très orthogonalement. Certes, des artistes qui déplient et replient le white cube, on en a à la pelle, mais quand c’est beau et bien réalisé, ça fait plaisir aux yeux (Mara Fortunatovic).

- Fais-moi penser à googliser celle qui montre des images de jeunes mariés, je suis sûre qu’elle fait du réappropriationnisme, il faut que je l’ajoute à ma base de données d’artistes qui utilisent les résultats de recherche comme base de données (Anne-Catherine Le Layo).

Il y a des collages sur Sopalin texturé (Mazaccio & Drowilal).

Il y a de grandes sculptures de porcelaine, aux côtés d’une vitrine de trucs, parmi lesquels les quasi même spécimens végétaux que ceux dont se sert le Musée de la Vie Romantique pour empêcher botaniquement les visiteurs de s’asseoir sur les fauteuils ayant appartenu à George Sand (India Leire). On entend un commentaire.

- Va voir cette India, là-bas, ça vaut le coup.

Et puis il y a, si on les a ratées en arrivant, d’incroyables expérimentations mêlant produit hydrophobe, météorite, scanner désorienté, pigments thermosensibles et cristaux d’alun, mis en scène dans ce qui ressemble à un studio de selfies (Juliette Goiffon et Charles Beauté).

Juliette Goiffon et Charles Beauteé

Puzzle de rue

À vous de reconstituer…Pipo & lilo

…la pin up dans le bon ordre. Enfin, si vous voulez.

Pipo & lilo

Icônes du ménage

Diversité identitaire 1, partage des tâches 0.

Icônes du ménage

Et bien entendu, la personne en surpoids travaille à la propreté de la cuisine.

La box qui fait aller

Rappelez-vous de ceci. Et maintenant, voyez cela :

Fibre